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La leishmaniose du chien

19/08/2026 Conseils du vétérinaire
La leishmaniose du chien

❖ Comment se transmet le parasite ?

Les leishmanies sont transmises lorsqu’un phlébotome femelle contaminé pique pour se nourrir de sang (les phlébotomes sont des petits moustiques). Les leishmanies inoculées sont capturées par des cellules de l’immunité (des macrophages) qui se déplacent dans tout l’organisme. Ces cellules peuvent ensuite se localiser dans différents tissus ou organes et provoquer des symptômes de la maladie. Cependant la majorité des chiens infectés par les leishmanies ne vont pas développer de signes cliniques.

❖ Répartition géographique

En France, la maladie est présente là où se trouvent les phlébotomes, à savoir dans le sud de la France, surtout le pourtour méditerranéen. L’infection se fait pendant la période d’activité des moustiques entre avril et octobre. Cependant depuis une dizaine d’années, des cas sont répertoriés partout en France, les changements climatiques permettant aux phlébotomes d’agrandir leur zone de répartition.

❖ Symptômes

Plusieurs symptômes sont associés à la leishmaniose, mais les chiens malades présentent généralement un amaigrissement progressif associé à une perte musculaire.

Symptômes cutanés : nodules, pyodermite (infection de la peau), ulcérations cutanées et muqueuses, pertes de poils. Ces lésions sont localisées autour du museau, des oreilles, des pattes et du tronc.

Symptômes généraux : perte de poids, faiblesse, polyadénomégalie (plusieurs ganglions sont volumineux), fièvre, anémie

Autres symptômes : insuffisance rénale, oculaires (conjonctivite, uvéite), saignement de nez, boîteries

❖ Diagnostic

Il faut bien distinguer, les chiens exposés ayant vécu dans une région où la leishmaniose est présente, les chiens infectés porteurs de leishmanies (et pas forcément malades) et les chiens malades ayant des symptômes de leishmaniose. Plusieurs tests diagnostiques sont possibles sur les lésions ou dans la moelle osseuse (histologie, cytologie, PCR), et dans le sang pour mettre en évidence les anticorps. Cependant le diagnostic reste délicat, car les chiens infectés (porteurs mais non malades) peuvent également développer d’autres maladies et la mise en évidence des parasites n’est pas toujours évidente.

❖ Traitement

Malheureusement, les chiens ne guérissent pas ou rarement de la leishmaniose. Le traitement permet toutefois d’avoir des périodes de rémission clinique et de prolonger l’espérance de vie. Il s’agit d’une association entre un médicament vétérinaire (à base d’antimoniate de méglumine) et un médicament humain (à base d’allopurinol). Il doit être pris quotidiennement pendant plusieurs mois.

L’insuffisance rénale est la conséquence la plus grave de cette maladie et reste la principale cause de mortalité.

❖ Prévention

Dans les zones où la circulation du parasite est présente, la prévention consiste essentiellement à éloigner les phlébotomes par l’usage d’antiparasitaires externes (colliers ou pipettes adaptés). On évitera également que le chien ne sorte quand les phlébotomes sont actifs, c’est-à-dire du crépuscule à l’aube. Un vaccin est également recommandé pour les zones endémiques. Il n’empêche pas l’infection, mais permet de réduire le risque de développer des signes cliniques. Parlez-en à votre vétérinaire.



Bibliographie :

Leishmaniose : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur

La leishmaniose chez le chien : causes, symptômes, pronostic - Santévet

La leishmaniose du chien (Mise à jour 2026) - Consultations en Dermatologie Vétérinaire

BRIFFOD Cécile. Revue actuelle en matière de leishmaniose canine. Thèse d’exercice, Médecine vétérinaire, Toulouse 3, 2011.

MALATERRE Barbara. Étude rétrospective des cas de leishmaniose canine à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse entre 2010 et 2023. Thèse d’exercice, Médecine vétérinaire, Toulouse 3, 2023


Les maladies respiratoires de la tortue de terre, une histoire classique !
Les maladies respiratoires de la tortue de terre, une histoire classique !

01/12/2023 - Conseils du vétérinaire

Conseils du vétérinaire

Les maladies respiratoires de la tortue de terre, une histoire classique !Les maladies respiratoires de la tortue de terre, une histoire classique ! Votre tortue de terre vous a très certainement été vendue comme une tortue dite de « jardin ». Depuis que vous l’avez elle vit dans son enclos extérieur toute l’année et elle se débrouille seule pour son hibernation avec ce que vous lui avez mis à disposition : une cabane, du foin ou des feuilles mortes et tout autre type de protection pour l’aider à passer l’hiver. Chaque année elle se réveille au printemps et tout va bien. Sauf que cette année, ça va moins bien… Elle ne se remet pas vraiment à manger, elle a les yeux collés et éventuellement larmoyants et vous avez même vu une bulle sortir de son nez. Mais que se passe-t-il ? C’est tout l’objet de cet article… ❖ Pourquoi ma tortue est-elle plus susceptible « d’attraper froid » dans certaines régions de France ? Quelques notions de physiologie de reptiles :Classiquement, les tortues dites « de jardin », sont les tortues du genre Testudo. Il s’agit notamment des tortues méditerranéennes (la tortue d’Hermann et la tortue grecque) et la tortue des steppes (horsfieldi). Il s’agit d’animaux qui vivent dans des climat plutôt secs : chauds et secs à la belle saison et doux ou froid et sec en hiver. Ces tortues ont évolué de manière à s’adapter à ce milieu et ont besoin de paramètres environnementaux bien précis pour que leur organisme fonctionne correctement. En ce sens, la tortue de terre, et les reptiles d’une manière générale, ne peuvent être considérés comme des animaux domestiques puisqu’ils ne se sont pas « habitués » à un autre environnement que celui dont l’espèce est issue. Cela ne signifie pas systématiquement qu’ils ne peuvent pas survivre dans un autre milieu, mais qu’ils y sont globalement plus fragile et leur espérance de vie en est impactée. Dans le cas de nos tortues « de jardin », lorsqu’elles vivent en extérieure toute l’année sous des latitudes où le climat est plus humide et/ou plus froid que dans l’environnement d’où est originaire son espèce, son organisme ne fonctionne pas correctement. A moyen/long terme, cela a un impact sur son immunité et cela la rend plus susceptible d’attraper des maladies. Dans le cas des tortues d’Hermann, grecques et des steppes, elles vont avoir plus de risque de développer des maladies respiratoires comme l’herpèsvirose et la mycoplasmose. La sortie d’hibernation et les carences alimentaires telles que les carences en vitamine A sont également des facteurs favorisants.❖ Quelles sont ces maladies respiratoires ?Les infections de l’appareil respiratoire haut sont assez fréquentes chez les tortues du genre Testudo. Elles sont, en général, secondaires à une infection par un herpèsvirus et/ou par une bactérie du genre Mycoplasma. De plus les surinfections bactériennes ne sont pas rares. Ces atteintes sont à l’origine d’un complexe rhinite-conjonctivite (jetage, écoulement oculaire, bruits respiratoires), d’une stomatite avec une ulcération des muqueuses buccales (herpèsvirose) et de symptômes plus généraux comme de l’abattement, ou des troubles de l’appétit (dysorexie voire anorexie). Elles peuvent atteindre l’appareil respiratoire profond, mais les symptômes sont souvent frustres et se déclarent tardivement, une fois que la maladie est bien installée : symptômes généraux, mouvements respiratoires anormaux et augmentation des bruits et de la fréquence respiratoire, respiration bouche ouverte.❖ Quels examens complémentaires peuvent m’être proposés ?L’isolation de l’agent infectieux sur culture est possible à partir de prélèvements nasaux, mais est assez fastidieuse en raison de la flore buccale variée de ces tortues ou de la difficulté de la mise en culture (mycoplasmes). Des tests sérologiques ont également été développés pour les herpèsvirus et les mycoplasmes, et leur sensibilité et leur spécificité peuvent être améliorées en les combinant à des tests moléculaires, tels que des tests PCR.Des examens d’imagerie médicale comme une radiographie pulmonaire ou éventuellement un scanner permettent d’évaluer l’atteinte des voies respiratoires profondes. Dans les cas les plus critique, un bilan sanguin complet peut permettre d’évaluer les conséquences de la maladie sur les autres organes et d’anticiper d’éventuelles défaillances organiques.❖ Comment traiter les maladies respiratoires des tortues de terres ?En l’absence de symptômes généraux, la prise en charge médicale peut être effectuée à la maison. Un traitement symptomatique est mis en place et il est souvent combiné à une antibiothérapie large spectre en l’absence d’identification du ou des germes responsables de la maladie. Dans le cas où un diagnostic de certitude a pu être posé, le traitement anti-microbien peut être adapté. Autrefois largement utilisé, les traitements anti-viraux sont aujourd’hui plus discutés en raison de leur efficacité très relative.❖ Quel est le pronostic de cette maladie ?Malheureusement, le pronostic est plutôt réservé à sombre à moyen/long terme. En effet, une fois contaminées par un herpèsvirus et/ou un mycoplasme, les tortues restent porteuses et les rechutes sont fréquentes. Lorsque la maladie est trop avancée l’issue est souvent fatale. Afin de prévenir les récidives il est conseillé de replacer la tortue dans un milieu qui lui convient, cela signifie donc qu’en dehors de la période estivale, elle doit être installée dans un terrarium chauffé en intérieur si elle trouve pas géographiquement dans son milieu originel. Il est également conseillé de réaliser une hibernation dans un milieu sécurisé et où les paramètres d’ambiance peuvent être contrôlés (cave, garage, réfrigérateur…) et une fois que l’animal ne présente plus aucun symptôme.Question curieuse : Est-il possible de moucher une tortue ?Oui ! Les tortues ont des narines très étroites et courtes qui abouchent dans la cavité buccale par deux fentes appelées les choanes. Dans ces conduits, des sécrétions peuvent s’accumuler et favoriser le développement de surinfections et diminuer l’efficacité des médicaments comme les antibiotiques. Le fait de retirer ses sécrétions est donc bénéfique à la guérison. En fonction de la taille des narines, le/la vétérinaire peut insérer un cathéter de taille adapter et envoyer du sérum physiologique avec une seringue pour désinsérer les sécrétions et rincer les muqueuses.Références :MCARTHUR S., WILKINSON R., MEYER J. Medicine and surgery of tortoises and turtles. Ames. 2004. pp579MURRAY M. J. Pneumonia and lower respiratory tract disease. In : Reptile medicine and surgery. 2nd ed. Ed MADER D. R. StLouis. 2006. 865-877WENDLAND L. D., BROWN D. R., KLEIN P. A., BROWN M. B. Upper respiratory tract disease (mycoplasmosis) in tortoises. In :Reptile medicine and surgery. 2nd ed. Ed MADER D. R. St-Louis. 2006. 931-938

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Mon animal a mauvaise haleine
Mon animal a mauvaise haleine

02/11/2023 - Conseils du vétérinaire

Conseils du vétérinaire

Mon animal a mauvaise haleine❖ D’où vient la mauvaise haleine (appeléhalitose) ?Les bactéries se trouvent à l’état naturel dans la salive et s’agglomèrent à la surface des dents en produisant des substances qui forment la plaque dentaire. Puis la plaque s’épaissit, se minéralise pour former le tartre (épaisseur marron sur les dents) qui passe sous la gencive, provoquant douleur, saignements et, au fur et à mesure, le déchaussement des dents. Le tartre est un nid à bactéries :1 mg de plaque dentaire contient environ 10 millions de bactéries ! Ce bouillon de culture provoque mauvaise haleine, des abcès dentaires et même des infections cardiaques et rénales.Les animaux rencontreront des difficultés à s’alimenter.Combattre le tartre est donc essentiel pour la santé, le bien-être de votre animal et le vôtre !❖ Quels sont les facteurs de risque ?Les chiens de petites races (Caniche, Yorkshire, Shit-su, Chihuahua, Pinscher…), ceux souffrant d’anomalies ou chevauchement (races prognathes) sont plus sujets à accumuler la plaque dentaire. Certains chats souffrent de maladies chroniques (ex : le FIV « Sida des chats ») qui favorisent les gingivites et les douleurs dentaires mais comme les autres carnivores, ils ne sont pas exclus du processus de calcification de la plaque dentaire, des infections et des déchaussements des dents.Plus l’animal vieillit, plus la pathologie évolue. Certains sujets commencent à avoir du tartre à partir de 2 ans mais en moyenne, il se forme entre 5 et 8 ans. L’alimentation molle favorise l’accélération du processus de minéralisation de la plaque dentaire par absence de mastication et de frottement des aliments sur les dents comme le font les croquettes.❖ Que peut faire mon vétérinaire ?Votre vétérinaire, selon le stade de la maladie parodontaire, pourra proposer de pratiquer un détartrage à ultrasons sur votre animal de compagnie. Les vibrations décollent et disloquent le tartre et un jet d’eau continu l’évacuation tout en évitant l’échauffement des gencives. C’est une intervention identique à celle que l’on subit chez notre dentiste mais qui nécessite chez l’animal une anesthésie générale. Difficile d’expliquer à l’animal conscient pendant une telle intervention, qu’il doit garder la gueule ouverte, ne pas bouger, ne pas mordre…Le vétérinaire profitera de cette intervention, si le besoin s’en fait sentir, pour retirer les dents douloureuses, déchaussées, infectées ou victimes de résorption dentaire (fréquente chez les chats). Cette intervention a en moyenne lieu tous les 2 ou 3 ans mais elle est parfois nécessaire chaque année chez certains patients.Question curieuse : Comment puis-je aider mon animal ?Un chien possède 42 dents, un chat 30 à l’âge adulte. Imaginez votre haleine toute une vie sans vous laver les dents !Des solutions existent pour aider votre animal à avoir des dents blanches, saines, et une haleine fraiche.Brosser les dents est sans conteste, comme pour nous, la méthode la plus efficace (le brossage réduit de 50% la plaque dentaire). Avec une brosse de petite taille souple et un dentifrice en pâte abrasive appétente que le chien peut avaler, en commençant par les dents de devant puis en allant vers les faces externes des molaires (supérieures en particulier). Des doigtiers en caoutchouc rugueux existent pour remplacer la brosse à dent et sont souvent mieux tolérées chez les animaux non habitués. Brosser les dents est un apprentissage à commencer dès le plus jeune âge pour que cette habitude devienne coutumière.Il existe d’autres méthodes moins intrusives visant à retarder l’apparition du tartre : les lamelles à mâcher à utiliser quotidiennement, elles sont parfois caloriques et n’ont d’utilité que si l’animal les mâche avant de les avaler, des croquettes/friandises spéciales, des jouets avec des picots ou des poudres à dissoudre dans l’eau de boisson.Bien sûr, ces méthodes n’excluent pas des détartrages parfois réguliers. Elles limitent, ralentissent juste le processus.72% des Français se lavent les dents 2 fois par jour minimum et malgré cela, en moyenne, ils subissent un détartrage une fois/an. Références :1. L’animal qui a le plus de dents https://www.geo.fr/environnement/quel-est-lanimal-qui-a-le-plus-de-dents-209931#:~:text=Il%20s'agit%20du%20Tatou,est%20pas%20sa%20seule%20originalit%C3%A9%20!2. Mon animal a mauvaise haleine https://www.tonyetleon.fr/post/mon-animal-de-compagnie-a-mauvaise-haleine3. Dentiste vs vétérinaire https://www.youtube.com/watch?v=6gwbqTaEN8A4. Comment laver les dents de son chien https://www.youtube.com/watch?v=6gwbqTaEN8A

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